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Notre enquête de conjoncture menée début octobre 2009 auprès de 300 entreprises de la Métallurgie du Nord Pas-de-Calais, l’enquête a été renseignée par 42,5 % des sondés que nous remercions ici pour leur contribution.
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Fr FRUSTRATION, DETERMINATION, IMPATIENCE !
Tels sont les sentiments qui dominent dans la bouche de la grande majorité des Industriels en ce début novembre.
Après avoir, globalement, assisté à une décrue importante et relativement brusque de l’activité au cours du 1er semestre, le nombre d’entreprises qui ont constaté, depuis, une augmentation de leur activité est passé de 3% en juin à 20% en octobre. Mais, cela ne doit pas faire illusion. Le plus souvent, il s’est agi de rebonds techniques ou saisonniers. L’effervescence des bureaux d’études est un peu trompeuse.
Aujourd’hui, comme l’expriment plusieurs des dirigeants interrogés, ce ne sont pas les projets qui manquent mais les commandes.
Après étude, les investissements sont souvent, au mieux différés, au pire annulés. Alors, quand on le peut, on prend des affaires plus petites, celles-là mêmes qu’on avait un peu abandonnées pour capter de plus gros volumes et un meilleur intérêt. Mais, les outils ne sont pas forcément adaptés à ce « retour en arrière » et la rentabilité s’en ressent car il faut parfois y consacrer plus de main-d’œuvre !
Frustration terrible que d’étudier, chiffrer et soumettre des propositions qui ne donnent pas lieu à décision !
Si l’entreprise ne vend pas, elle s’épuise.
C’est bien l’inquiétude qui commence à poindre : 2008 et, pour certains 2007, ont été plutôt de bonnes années et ont permis de dégager quelques disponibilités. Heureusement. Mais, on a donc, depuis le début 2009, vécu sur les réserves. Cela ne peut durer qu’un temps.
Il faut que la machine reparte sans tarder. Mais, l’incertitude, tempérée peut-être par un nouvel espoir, ne disparaîtra pas pour autant : La reprise exigera de plus grandes disponibilités financières dont certaines entreprises risquent d’être privées, faute d’avoir pu ou voulu prendre, au moment opportun, les décisions nécessaires.
Mais, nous n’en sommes pas encore là car, de reprise prochaine, rares sont aujourd’hui les prophètes ou les parieurs !
Et donc, presque partout, on s’ingénie à trouver les mesures qui, dans l’immédiat, évitent le pire et permettront, le moment venu, d’être prêt à saisir les bonnes occasions.
Ici s’affirme clairement l’état d’esprit propre aux Industriels : L’Industrie vit avec le temps et doit constamment se battre et s’adapter pour sauvegarder sa compétitivité.
Mais, on atteint aujourd’hui un seuil critique : Poursuivre dans la réduction des structures et donc des ressources humaines est désormais perçu comme un péril plus que comme une opportunité.
Pour sauvegarder l’essentiel, les compétences humaines nécessaires, chaque entreprise s’organise comme elle peut en fonction de ses priorités.
Bien entendu, les premières mesures consistent à diminuer les dépenses ordinaires de fonctionnement et à réduire, voire supprimer les volants d’intérimaires, à ne pas renouveler les CDD arrivant à terme, le cas échéant, à rapatrier la sous-traitance.
Dans les as extrêmes ou lorsque aux difficultés conjoncturelles s’ajoute ou se révèle une faiblesse structurelle, on doit toucher au cœur des ressources en essayant, alors, de préserver au mieux savoir-faire et esprit d’entreprise.
Si on doit procéder à des licenciements économiques, on fait d’abord appel, si possible, aux volontaires ou en réduisant, en priorité, le nombre des postes fonctionnels par suppression de certaines tâches au profit de circuits plus courts ou par répartition des missions entre ceux qui restent, voire en en confiant certaines à des prestataires externes.
Les autres « partants » ne sont pas nécessairement remplacés. Départs en retraite, ruptures forcées (inaptitude,..) convenues (ruptures conventionnelles) ou volontaires (démissions), chaque sortie donne lieu quasi systématiquement à une réflexion sur une autre organisation permettant de générer une économie sans nuire au fonctionnement.
Ces mouvements, combinés au niveau des compétences disponibles, génèrent une recrudescence des actions de formation. Avec la connivence des salariés conscients des difficultés du moment, on s’efforce d’optimiser le DIF dont le compteur atteint déjà, souvent, faute d’utilisation, 100 heures par personne !
Ceux qui ont mis en place la modulation du temps de travail en exploitent au maximum les possibilités jusqu’à ce que, parfois, la probabilité d’un déficit d’heures sur la période de décompte oblige à un « arrêt sur image » pour éviter que la souplesse du moment, qui préserve le salaire des personnels concernés, ne se transforme en casse-tête social le jour où il faudra régulariser les compteurs.
Personne ne voit d’un bon œil que le personnel puisse être endetté à l’égard de l’entreprise !
Voilà pourquoi certaines entreprises ont mis à l’étude des mesures de chômage partiel et se tiennent prêtes à déclencher le dispositif dès qu’elles sentiraient que l’équilibre des temps sur l’année ne pourra pas être trouvé.
Jusqu’ici, cette mesure a principalement concerné les équipementiers et sous-traitants de l’Automobile qui, frappés de plein fouet par le retournement brutal de conjoncture chez les constructeurs, n’ont pas pu attendre et ont réagi, dès le début de l’année 2009, pour tenter « d’étouffer le mal dans l’œuf ». Bien leur en a pris !
Mais, le chômage partiel présente au moins un inconvénient : La réussite de l’entreprise, PMI en particulier, dépend de sa réactivité. Les clients veulent être servis tout de suite et livrés hier. Exercice qui requiert donc une mobilisation de tous les instants !
On répugne donc, pour l’heure, à mettre les salariés en « congés », de peur que la reprise soit difficile à gérer. On les occupe, tant bien que mal …Il n’a jamais été aussi important de maintenir le lien. On le sent clairement dans les réponses : C’est çà l’entreprise industrielle : Un lien fort entre les hommes pour réussir.
Cette volonté de rester mobilisé malgré les difficultés présentes explique aussi que vous êtes plus nombreux qu’en juin à faire le pari de la sortie de crise par l’action commerciale. Parfois d’accord pour attirer les clients par une diminution des prix, vous préférez, le plus souvent, vous engager dans des démarches actives pour élargir la clientèle et/ou les produits ou services offerts, et aller plus loin, y compris à l’international.
Dans l’Industrie, on ne baisse pas facilement les bras !
Après quelques hésitations liées à l’absence soudaine de visibilité, le cocktail est donc connu : Maîtrise permanente des dépenses, chasse aux gaspi, ajustements de l’entreprise en fonction des évènements, développement des compétences et de la polyvalence des personnels, accentuation de la relation clients pour fidéliser ou capter de nouveaux marchés,…
Tout est fait, partout, non seulement pour essayer de garder la tête hors de l’eau mais aussi et surtout pour être capable de repartir quand la confiance des investisseurs sera établie.
Comme la grande majorité des entreprises souffre encore d’un manque réel de perspectives, chacun souhaite, bien sûr, que ce moment arrive le plus tôt possible.
En attendant, les Pouvoirs Publics doivent accompagner ces efforts d’adaptation en mettant en place des facilités de trésorerie et en portant sans réserve toutes les actions positives en faveur de l’emploi, de l’innovation technique et du développement commercial, en France et à l’export.
On a toujours fait comprendre aux entreprises qu’elles pouvaient être accompagnées si elles agissaient d’abord. C’est le principe des aides.
Démonstration est faite aujourd’hui qu’elles agissent avec sérieux et responsabilité et, pour avoir sauvegardé l’essentiel de leurs forces pendant ces périodes difficiles, qu’elles méritent qu’on les épaule et qu’on leur épargne d’autres sacrifices.
Merci à tous ceux et celles qui ont pris la peine de nous apporter, par le questionnaire et à l’occasion des Clubs Industrie, leur témoignage.
François
HOIZEY, Directeur Général
UDIMETAL – KSERVICES +
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Notre enquête de conjoncture menée début juin 2009 auprès de 300 entreprises de la Métallurgie du Nord Pas-de-Calais, l’enquête a été renseignée par 26,2 % des sondés que nous remercions ici pour leur contribution.
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Les entreprises
En grande majorité des PME parmi lesquelles on trouve autant d’entreprises fabriquant et commercialisant des produits à leur marque que de sous-traitants. Dans 7 cas sur 10, leur clientèle est principalement industrielle.
Une demande qui vacille
Dans une entreprise sur deux, l’activité des 3 premiers mois de l’année s’est maintenue à un niveau jugé proche de la normale. Il en est de même pour le niveau des stocks dans près de 6 entreprises sur 10.
Mais, dans 6 cas sur 10, le niveau de la demande s’est progressivement dégradé. Et, si de nombreuses entreprises ont pu, jusqu’ici, « vivre » sur les réserves accumulées grâce à deux dernières années plutôt satisfaisantes, la situation se complique désormais pour une majorité d’entre elles.
Des mesures déjà engagées
L’une des caractéristiques de l’Industrie qui est, en même temps, une condition essentielle de sa survie, c’est sa réactivité. Aussi, dans la majorité des entreprises, des actions ont été engagées sans retard.
Dans un nombre de cas heureusement limité, notamment dans les activités liées à l’automobile, il a fallu prendre des mesures fortes et rapides pour freiner les effets de la dégradation de l’activité. On y a recouru au chômage partiel mais aussi, dans certains cas, à des plans sociaux.
Ailleurs, on a pris la précaution de différer certaines dépenses jugées non stratégiques ou moins urgentes, d’exercer une vigilance accrue à l’égard des clients (pour sécuriser les paiements) ou des fournisseurs (pour sécuriser les approvisionnements) et, parallèlement, de nombreuses entreprises ont accentué ou mis en place la flexibilité des horaires, renoncé à remplacer certains départs naturels, diminué, voire stoppé le recours à l’intérim et aux CDD.
On le sent bien, ces mesures ont servi de sauvegarde en attendant d’y voir plus clair.
Inquiétude et volonté
C’est, pour la majorité des entreprises, l’absence de visibilité qui domine. Est-on dans une phase conjoncturelle dont on sortira avant l’hiver ou cette situation durera-t-elle au-delà de 2009, voire de 2010 ?
De fait, 22% des sondés disent ignorer tout de ce proche avenir, 20% pronostiquent une dégradation de la situation de leur entreprise ; 27% pronostiquent une situation étale. Heureusement, 31% demeurent optimistes pour leur entreprise.
Pessimistes ou optimistes, en tout cas, pour la grande majorité des dirigeants, cette crise n’est pas un simple accident de parcours et Ils estiment que la sortie sera lente et que l’économie ne pourra repartir que sur des bases nouvelles, loin de l’euphorie précédente.
L’avenir de chaque entreprise dépend donc de la pertinence des actions de rigueur et de volonté qui auront été conduites pendant la « crise ». C’est donc maintenant qu’il faut agir.
Avec quelles priorités ?
Pour tous les dirigeants, le pire serait de détruire, dans la précipitation, ce qu’on a mis, parfois si longtemps à construire. L’une de leurs priorités essentielles, c’est de préserver les compétences, l’esprit et la culture de l’entreprise.
Pour y parvenir, ils tentent donc, d’abord, toutes les adaptations que la réglementation permet pour maîtriser leur volume de travail et leurs charges de personnel.
Démarches très responsables
Les actions diffèrent selon l’urgence et la gravité de la situation. Pourtant, il y a un fil conducteur, une démarche logique qui confirme le sens des responsabilités des Industriels.
La première action consiste à aménager le temps de travail. La loi, les accords de branche et les solutions internes ont généralement permis d’éviter que la charge s’alourdisse : Prises de congés, apurement de RTT, modulation des horaires.
L’imagination des directions conduit à d’excellents résultats à condition qu’elles n’oublient pas d’informer en temps utile et d’associer aux décisions ceux et celles que ces bouleversements affectent dans leur vie quotidienne.
Si cela ne suffit pas, les Directions « lorgnent » du côté du chômage partiel classique ou de sa nouvelle variante « activité partielle de longue durée » qui permet une indemnisation quasi intégrale des salariés grâce à l’aide combinée de l’entreprise, de l’Etat et de l’UNEDIC. Mais les entreprises hésitent. Les raisons ? Pour certains, la crainte de mauvais effets sur la productivité future, mais, pour la majorité, c’est surtout l’impossibilité de s’engager sur un maintien durable de l’emploi ! Résultat : peu de Directions ont finalement eu recours, jusqu’ici, à cette mesure.
Pour éviter un « désœuvrement organisé », certaines Directions cherchent à « profiter de cette « accalmie » pour booster les compétences professionnelles de leurs collaborateurs. De leur point de vue, la formation peut répondre à cet objectif à condition :
- qu’elle soit perçue par tous les acteurs de l’entreprise comme une des composantes essentielles de l’emploi,
- que le système de formation soit sensiblement assoupli pour permettre le passage de l’action à la formation dans des délais très rapides et sans complications administratives.
Car, aujourd’hui, même si la majorité est convaincue de l’utilité globale de la formation, 16% seulement l’envisagent comme une des mesures susceptibles de répondre aux préoccupations du moment. Le poids des pesanteurs…
Les actions jugées prioritaires visent le perfectionnement technique, l’action commerciale et l’aptitude au management des projets ou des Hommes.
Baisser les salaires ? Aucune entreprise ne déclare l’envisager directement. Quelques expériences très médiatisées montrent d’ailleurs qu’il faut, en la matière, rester très prudent. Le « remède » pourrait, en définitive, être pire que le « mal ». Ce n’est donc qu’au travers de la diminution de l’horaire que la rémunération peut être impactée.
Licencier ? 10% des sondés disent l’avoir fait. Mais plus de 20% craignent de devoir y recourir si leurs affaires ne s’améliorent pas d’ici à la fin du 3ème trimestre 2009.
Compte tenu à la fois du coût des licenciements, des tracas occasionnés par un formalisme exacerbé et du traumatisme qu’ils peuvent provoquer dans l’entreprise, la plupart des dirigeants veulent conserver à cette mesure un caractère ultime. On n’y recourra que si rien d’autre n’est plus possible.
Et on veillera alors à préparer un dossier
incontestable, à organiser une concertation digne de ce nom avec les
interlocuteurs habituels (hiérarchie) et officiels (représentants du personnel)
et à ne pas provoquer la fuite des meilleures ressources…….
Des signes encourageants !
Heureusement, dans cette période particulièrement troublée, un dirigeant sur quatre fonde de réels espoirs sur l’avenir de son entreprise grâce à de nouvelles actions, dans le domaine commercial, en allant chercher de nouveaux clients, en France ou à l’international, quitte, s’il le faut, à réduire provisoirement les prix de vente, dans le domaine technique en améliorant, par l’innovation, les réponses apportées aux clients, enfin, dans le domaine de la gestion des ressources humaines en évaluant le potentiel des collaborateurs au regard de nouveaux objectifs stratégiques, en recrutant de nouvelles compétences pour élargir les champs de développement de l’entreprise.
Ce n’est pas parce que le brouillard est très épais que l’on ne croit pas à l’éclaircie.
Sauf exception, les réponses révèlent, en tout cas, une volonté farouche d’avancer, prudemment, sans doute, mais avec une réelle détermination, pour forcer le destin et sortir de la crise le plus vite et le mieux possible.
C’est probablement le signe le plus
encourageant de l’enquête. On ne sent pas de renoncement.
Les chefs sont à la barre et la très grande majorité des collaborateurs et
collaboratrices veut croire à un destin positif et s’adapte sans bruit aux
nécessités du temps.
Mais vous êtes nombreux à souligner que si l’entreprise industrielle ne peut
vivre sans une vision à long terme, sa survie dépend aussi de sa capacité à
absorber ses charges fixes.
Or celles-ci ne dépendent pas que de l’action des Dirigeants. Une part très importante résulte de la collectivité.
Le niveau des charges sociales et fiscales est, de façon constante, pointé du doigt. Aujourd’hui il constitue le principal danger pour les entreprises. Si elles ne bénéficient pas d’un meilleur traitement, leurs ressources financières ne suffiront pas. Il ne leur restera plus, hélas, qu’à toucher à ce qu’elles ont de plus précieux : Les HOMMES.
L’urgence est encore plus grande, aujourd’hui, de réduire le poids des dépenses de la collectivité supportées par les entreprises. C’est, certainement, le meilleur moyen de valoriser le travail !
François HOIZEY, Directeur Général
UDIMETAL
307, Avenue du Général Leclerc – BP 98
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